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À propos

Contrepoint est un outil d'analyse textuelle. On lui soumet deux courts textes ; il en compose une lecture comparée et y ajoute une troisième voix.

Le nom

En musique, le contrepoint désigne l'art de superposer plusieurs lignes mélodiques indépendantes, qui se répondent sans se confondre. La voix supérieure n'écrase pas la voix inférieure ; chacune garde son chemin propre tout en participant à une harmonie commune. C'est ce que cet outil tente d'imiter, à sa manière, sur le terrain du texte.

Que fait l'outil

Contrepoint ne lit pas les textes dans l'ordre. Dans un texte, l'ordre des phrases est un choix d'écriture ; le sens, lui, est une architecture. Une idée posée au début du premier texte peut répondre à une idée placée à la fin du second. L'outil remplace donc le temps par le lieu.

Il cherche d'abord le cantus firmus : la question de fond à laquelle les deux textes répondent, souvent sans la formuler. Puis il relève les lieux où ils se rencontrent, c'est-à-dire les points précis sur lesquels l'un et l'autre prennent position. Chaque lieu reçoit son propre axe, borné par deux pôles opposés, et chaque texte y est situé, preuve à l'appui : une courte citation, vérifiée mot pour mot dans le texte source.

L'écart entre les deux voix forme un intervalle. À l'unisson, elles disent la même chose. En consonance, elles s'accordent avec une nuance. En dissonance, elles frottent, mais une conciliation reste pensable. Au triton, l'intervalle que les anciens appelaient diabolus in musica, elles sont inconciliables.

Vient alors la troisième voix. Ce n'est ni un arbitre, ni une moyenne, ni un résumé : c'est une voix à part entière, écrite contre chaque intervalle, selon les règles du contrepoint. À l'unisson, il lui est interdit de doubler : elle fait entendre l'angle mort que les deux textes partagent sans le voir. En consonance, elle creuse la nuance. En dissonance, elle cherche la résolution. Au triton, elle ne résout pas : elle tient la tension et nomme le choix qui reste à faire. Elle ne paraphrase jamais, et ne prend jamais durablement le parti de l'une des deux voix.

Les lieux ne suivent pas l'ordre des textes : ils sont ordonnés comme une progression, du terrain commun vers la tension la plus forte. La partition se clôt sur une cadence, parfaite si la troisième voix parvient à répondre à la question de fond, suspendue si la question doit rester ouverte.

La métaphore visuelle

La portée compte quatre lignes, comme celle du plain-chant, d'où vient le cantus firmus. Une clef d'ut l'ouvre à gauche : c'est historiquement la clef des voix intermédiaires en polyphonie vocale, le symbole le plus juste pour figurer un contrepoint. Elle dessine aussi, par discrétion, le C initial de Contrepoint.

Chaque mesure est un lieu, avec ses deux pôles inscrits au-dessus et au-dessous de la portée. Entre les deux voix, l'intervalle se lit à sa texture : une bande pleine pour la consonance, hachurée pour la dissonance, croisée pour le triton. La troisième voix porte ses propres signes : une note creuse pour l'angle mort, un point d'orgue pour la suspension, et une note posée sur une ligne supplémentaire, hors de la portée, lorsqu'elle récuse l'alternative elle-même. Les liaisons relient les positions d'une même voix d'un lieu à l'autre : elles montrent son mouvement, contraire, parallèle ou oblique. La barre finale dit la cadence : une double barre quand elle est parfaite, un point d'orgue quand elle est suspendue.

La composition

L'analyse et la composition sont confiées au modèle Mistral Large, sollicité en français avec une consigne précise : trouver la question de fond, relever les lieux, mesurer les intervalles, puis écrire la troisième voix selon les règles. La réponse est rendue en JSON strict, validée côté serveur, où les citations sont confrontées aux textes source, puis mise en portée par le navigateur sous la forme d'un SVG dessiné dynamiquement.

L'interface est volontairement épurée : papier, encre, sérif. Le geste musical est suggéré, jamais mimé. Rien ne clignote, rien ne s'anime au-delà de l'apparition initiale de la partition.

L'usage

Lire deux textes côte à côte, c'est déjà se demander ce qu'ils ont à se dire. Contrepoint est conçu pour accompagner cet exercice. Quelques cas où l'outil prend son sens :
— un même sujet traité par deux auteurs ;
— un même auteur abordé à deux époques de sa vie ;
— un texte original mis en regard avec sa traduction, ou avec sa réécriture ;
— une thèse et son objection ;
— un passage de fiction et son commentaire critique.

Le contrepoint ne remplace pas la lecture ; il en propose une mise en perspective. Chaque composition est une interprétation : la même paire de textes peut donner, d'une fois à l'autre, une partition différente, comme deux musiciens ne réalisent jamais tout à fait la même basse chiffrée. La partition obtenue peut être imprimée, ou enregistrée au format PDF, avec les textes source et le détail de chaque lieu.

Confidentialité

Contrepoint ne conserve pas les textes qu'on lui soumet : ni compte, ni cookie, ni base de données. Les textes sont transmis à Mistral AI le temps de la composition, puis oubliés ; la partition n'existe que dans votre navigateur. Mieux vaut toutefois n'y confier aucune donnée personnelle ou confidentielle. Le détail figure dans la politique de confidentialité.

Mentions

Analyse et composition : Mistral AI.
Hébergement : Infomaniak, en Suisse.
Réalisation : PHP 8 sans framework, JavaScript vanille, partition dessinée en SVG sans bibliothèque. Aucune base de données.
Typographie : IBM Plex.